Ilmayen, petite kabylie

Accueil > Villages limitrophes > Ath Khiar

Ath Khiar

vendredi 23 juin 2006, par Webmestre

Le touriste le plus exigeant donnerait cher pour pouvoir siroter un thé à la menthe ou manger
un couscous sur ce site en admirant le paysage magnifique qui se déroule sous ses pieds.

À Ath Khiar, on ne trouve plus que quelques ruines défiant encore le temps, le village ayant été abandonné depuis bien longtemps. C’est là que s’est réalisé l’essentiel du tournage du chef-d’œuvre de Abderrahmane Bouguermouh, la Colline oubliée, tirée de l’œuvre de Mouloud Mammeri.

Le site est réellement sublime. C’est une haute montagne sur laquelle culmine un piton rocheux appelé Ikhef El Djabia. Il comprend également plusieurs belvédères avec des vues imprenables. À cette altitude, on peut admirer à loisir un paysage tourmenté de pics rocheux, de falaises abruptes et de gorges profondes. C’est le coin rêvé des poètes, s’il en existe encore, des amoureux de la nature et des bergers qui viennent faire paître leurs troupeaux sur ces alpages. On peut voir au loin le massif du Djurdjura, une grande partie de la chaîne des Bibans et le delta où se rencontrent Assif ilmayen et Assif n’Bousselam. On découvre également Adrar n’Ath Aïdel, Tamokra, Aguemoun, Tachouaft, Tansaout, Bouhamza, l’arch Idjissen et une avalanche de petits villages accrochés à leurs montagnes. Le Bousselam, rivière qui prend sa source dans les hauts plateaux sétifiens, serpente au milieu de gorges étroites. On l’entend à plus de mille mètres sous nos pieds gronder du fait des dernières pluies. Sans aucun doute, le touriste le plus exigeant donnerait cher pour pouvoir siroter un thé à la menthe ou manger un couscous sur ce site en admirant le paysage magnifique qui se déroule sous ses pieds.

Village au décor de film

Assurément, il y a ici des potentialités de développement touristique insoupçonnables. Rafistolé, le village pourrait servir de résidence aux touristes en mal d’exotisme et d’authenticité tout en relançant l’activité artisanale et économique de la région. Il pourrait aussi servir de décor aux films d’époque comme il l’a déjà fait par le passé. Au détour d’une haie de cactus, nous rencontrons Lahcène à la recherche de ses bêtes égarées. Il a 28 ans mais on lui donnerait aisément dix ans de plus. Fellah par contrainte plutôt que par vocation, il vit d’expédients qui lui permettent de tenir le coup. À la saison des labours, avec la paire de bœufs qui constituent sa seule richesse, il va creuser des sillons sur des pentes abruptes pour quelques maigres sous, mais les gens font de moins en moins appel à ses services. La terre ne nourrit plus ses hommes. "Ici, c’est la mort lente", dit-il avec un soupir résigné. Ils se font rares ceux qui s’échinent encore à tirer leur subsistance de cette terre ingrate. Da’ Mahmoud est de ceux-là. À 75 ans passés, il bêche encore amoureusement ses figuiers. Tout en sarclant autour d’un arbre, il nous raconte ce qu’il sait de son village. Tout en haut du pic rocheux appelé Ikhef El Djabia existe encore un endroit nommé El Vir Iroumiyen.
C’est le puits des Romains et non celui des Français car on confond souvent les uns et les autres étant donné que lorsque ces derniers ont débarqué en Algérie on les a aussitôt affublés du nom de roumi. On croyait les Romains revenus, un chapelet de siècles après leur départ. Ce puits des Romains est une petite clairière avec des traces très anciennes de construction. Il paraît que lorsqu’on pose son oreille sur la dalle de schiste que l’on aperçoit en surface, à la manière d’un Indien guettant le train, on entend le bruit de l’eau qui coule. Nous avons tendu l’oreille à l’affût du moindre bruit de clapotis, en vain. Le vent était trop fort. La région de Beni Maouche est habitée depuis des temps immémoriaux comme tout le pays d’ailleurs. Bien des envahisseurs sont passés par là mais ils n’ont en général fait que traverser ces terres farouchement défendues par ses hommes. Da’ Mohand Ameziane, qui va sur ses 76 ans, et que nous avons rencontré dans un café à Trouna, nous dit qu’il existe à Hebouna, un champ en friche, un ossuaire turc.

Des souvenirs jamais disparus

À l’époque ottomane, un jour, des Turcs sont arrivés jusqu’ici. On les a accueillis à coups de fusil. Ahcène Vous Tessdhalt, appelé ainsi car il portait sur la tête un seau en guise de casque, a été le premier à ouvrir le feu. Il nous apprend également que la route de Tunis passait par là alors que la route actuelle a été ouverte en 1942. Da’ Mohand, qui a connu l’époque du bernous et des irkassen, les sandales en lanières de cuir, nous dit que la région a toujours été à vocation agricole. Il ne se rappelle que d’une seule industrie, celle de la fabrication des pressoirs à bois pour les huileries traditionnelles. "Je me souviens d’un vieux qui les fabriquait avec une dextérité étonnante. Il avait trente burins de différents calibres. Deux à trois coups et il reposait le burin pour qu’il ne chauffe pas et déforme le bois." Da’ Mohand égrène encore ses souvenirs d’une époque à jamais disparue. Celle où les valeurs n’étaient assurément pas celles d’aujourd’hui. Il tient à conclure la discussion par un poème ancien : "Ezzaïm yetsadjed ezzaîm, znadh daymen ar thamass, El karim yetsadjad el karim, thaqvaylith thezgga fellas, wine yevghane adimag d’ab’him, ed leghvare ara âbine fellas". En voici une traduction approximative : le zaïm enfante le zaïm, le fusil toujours à ses côtés, le preux enfante le preux n’oubliant jamais ses valeurs kabyles, quant au sot qui veut persister dans son ignorance, un jour, on transportera du fumier sur son dos.

Le site d’Ath Khiar, nous a-t-on dit, a été découvert par un berger il y a bien longtemps. Il offre deux voies d’accès et la possibilité de se défendre facilement, chose qui n’était pas négligeable en ces temps reculés de guerres fréquentes. Il a été abandonné après la guerre d’indépendance lorsque les villageois ont été déportés par les autorités coloniales vers Ath Imaouche et Letnayene. Seul un couple de vieux y a vécu jusqu’à sa mort vers 1993. Depuis, le village est devenu un terrain de jeux pour les enfants jusqu’à l’arrivée du cinéaste Abderrahmane Bouguermouh qui a passé de longs mois à sa réfection pour les besoins du film évoqué plus haut. Les lampions de la fièvre cinématographique éteints, le village est retombé dans l’oubli et la décrépitude. Il est redevenu une colline oubliée.

D. A.

Source : Liberté

Messages

  • Azul, bonjour
    j’avoue que c’est trés beau et bravo pour votre site.
    Je suis né à paris et j’aurai bien aimé que vous situez ath khiar car je ne sais pas où ça se trouve( prés d’où par rapport à ilmain et comment y accéder)
    Encore bravo et à bientôt.

    • ath khiar, comme vous le savez, est un endroit choisi par dahou n’ath guermouh fellas yeafou rebbi, mais ce nom patronymique est le nom d’une grande tribu amazighe (chaouïa) à côté de Souk Ahras, malheureusement arabisée totalement aujourd’hui, s’appelle Ouled khiar, elle parle un idiome arabe tunisien, quelques rares personnes agées, parlent encore un dialecte berbère chaouia, la Zénatia, cependant que la plupart des gens de cette tribu influencés par les tunisiens, prétendent à nos jours une origine hilalienne, et renient bêtement ou par ignorance leurs vraies origines amazighes ! tanemmirt

    • salut, je suis justement très intèrèssè par l’histoire d’ath khiar et tout ce qui s’attache à son histoire et fondation ;cepandant,je vous confirme notre origine bèrbère de ben yala,guenzet,actuelement dèpartement de sètif.
      j’aimerais avoir plus d’information sur les origines de notre famille ètant un khiar rèsident en france.
      les infos recceuillis à ce jour par mon père,dèfinissent notre origine bien avant l’epoque romaine(900ans) le premier des cinq frères khiar venant de kalaat beni hammad,ce sont dispèrsès dans les règions de bordj,tizi ouzou,setif,tunisie.
      ètant des gens de livre(coran)mrabtines,à prèciser qu’ils etaient kabyles repentis à l’islam et donc ils portaient la bonne parole !!
      merci de me donner plus de dètails et information sur la famille khiar et l’origine de guenzet !!

    • ath khiar est un village de la commune de beni maouche, se rendre a pied il faut passer par fréha, mais par voiture il faut contourner par beni ourtilane. Pour votre information el djabia ou ath khiar c’est le même village.

    • slt je suis ne a
      ath khiar j habite dans le 93 chaque ete je vais en vacances la bas ce village s appelle el djabia c la bas qu ils ont tourne le film la colline oubliee c la commune de beni maouche c a 25 kms de seddouk c sur la route beni ourtillane je suis né
      la bas je suis venu en france a l age de 5 ans yazid

    • Tout d’abord je vous remercie pour curiosité afin de chercher à connaitre l’endroit de village ath khiar, permettez moi de vous situer l’endroit exacte et quel chemin ou bien route vous prendrez cher ami voila si vous voulez y aller à ath khir vous etes vous obliger de passer par AKBOU juste a la sortie d’akbou vous prenez le chemin qui mene vers seddouk juste à l’intersection vous prenez à droite vers trouna à la sortie de cette derniere le premier village s’appelle tiouale juste apres le villa beni khiar (ath khir) voila mon ami c’est un plaisir de visiter ce village et connaitre ses habitants, et je sais une chose vous n’allez pas regreter.

    • tu a de la chance d’étre née dans une région aussi belle et d’homme qui à ma connaissance on participer à la gerre de révolution maerci pour toi abdou d’alger

    • Salam
      Est-il possible de s’y rendre en passant par Guenzet ? Je suis originaire d’un village près de Bordj Zemmourah (BBA)

      Merci

    • salam cousin tuvas a guenzet puis direction beni ourtilane et direction beni maouche tu vas passer a itheriard

    • salam,moi je m’apelle khiar mohamed je suis de mosta et j’aimerai bien faire ta connaissance moi aussi je suis d’origine de guenzet je suis allé une fois en 1988 j’avé 10 ans et découvrir bien mes origine et merci voici mon msn fastfood200@hotmail.com

    • moi je vis a paris mais je connais ce paysage est je peux vous dire que c est magnifique a voire car je suis d un village en face qui s appelle tigounatine .bravo a votre site....

    • Salam,

      Je suis né à Alger et je vis en France, mon père est de Ath khiar(el djabia) et ma mère est de tigounatine :)

      Je suis informaticien et je suis prêt à vous aider si vous voulez développer un peu plus ce site.

      J’aime bien Ath khiar, tigounatine et toute la Kabylie...
      C’est tout simplement magnifique !

      Au passage, je cherche à acheter un morceau de terrain, pour construire une maison de vacances à Ath khiar, je suis ouvert à vos propositions….

      Fateh,

      mon adresse mail : nemouchi(at)gmail(point)com

      à remplacer (at) par @ et (point) par .

    • Bonjour
      je souhaite entrer en contact avec des personnes qui portent le nom ’Ben yala’ d’Algérie
      Merci d’avance

    • benlalam mohamed je suis de tigunatine fils de laziz et zouina six enfants mon grand l pere lahlou ou rezki mon oncle abderahmane lounis mes freres messaoud lahlou mourad hafid hamid et merzak

    • Alors vous êtes mon voisin, car je suis de Béni Ourtilane.

  • {}l faut peut êtres rétablir la vérité le village fut effectivement abandonner
    mais pourquoi ce village fut détruit par la France pendant la guerre 1954 1962 l’accès du village étant impossible pour l’armée française sans des moyens matériels importants car aucune route ne pouvait contrairement a aujourd’hui permettre d’accéder au village seul un chemin de chèvre permettait l’accès
    c’est la raison pour laquelle la France a utilise l’aviation est par la suite le pilonnement a partir de béni ourtilane poste le plus important de l’armée française a cette période une simple observation permettra de constater que les seuls maisons ayant échappe a la destruction sont des maisons derrières des rochers donc non visible a partir du lieu de pilonnement
    c’est a dire a partir de el djemaa de béni ourtilane aussi je vous serait reconnaissant de mettre cette information sur le site pour permettre aux algériens de connaitre leurs histoire
    quand au village actuel il fut construit après l’indépendance grâce en partie a l’aide de la croix rouge internationale.
    s’il vous est possible d’inclure que la commune de Beni Maouche chef lieu de ce village a perdu plus de 25% de sa population pendant la guerre d’Algérie merci d’avance D.L

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Se connecter
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.