Ilmayen, petite kabylie

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Le hammam, un gîte rural

jeudi 21 avril 2005, par L. Beddar

La station thermale ressemble à un gîte rural d’un concept unique dans la région où chaleur, convivialité et authenticité de l’accueil se conjuguent en harmonie avec la liberté et le confort de ses maisonnettes traditionnelles exigues, pleines de charme et ayant traversé des siècles.

Un peu plus haut, une lignée de maisonnettes exigues et anciennes construites il y a plus d’un siècle avec de la pierre locale et charpentées de tuiles rouges traditionnelles accueillent les baigneurs pour des moments de détentes. "Nous avons treize maisonnettes destinées aux baigneurs qui ne payent rien dans la journée, mais pour des séjours prolongés, nous leurs louons entre 200 à 300 DA la nuit en fonction de la durée", expliqua, Ait Souki Younès gérant de la station. A côté, un petit mini complexe traditionnel, construit récemment et composé d’un café maure, d’une épicerie, d’un restaurant et d’un hôtel de six chambres est la seule infrastructure économique qui prend en charge les visiteurs qui ne ramènent pas les couvertures et la nourriture avec eux. "Nous pratiquons des prix raisonnables à la mesure des services très modestes que nous proposons. Nous louons la chambre d’hôtel à un prix très dérisoire de 200 DA", poursuit il.

Plus loin, apparaît une bâtisse délabrée, la seule qui est bâtie sur du plat. "Durant la colonisation, cet édifice, appelé un Bordj, est composé de 7 chambres et appartenait à un Français qui invitait ses amis européens de ne jamais se mélanger à la foule. A l’indépendance, complètement abandonné il est tombé en ruines", a souligné le père de notre interlocuteur. Un peu plus haut, au milieu des rochers apparaît la grotte feérique dont l’issue se trouve au milieu des rochers. Les visiteurs, notamment les femmes, l’utilisent, au temps de jadis, pour des glissades avec le corps. "Les mains et la tête en avant, la personne glisse du haut, tout doucement, jusqu’à la sortie au milieu des rochers. Celle qui n’arrive pas à passer est considérée comme impure. A ce moment là, les femmes lançaient des youyous et les hommes demandaient la bénédiction de Sidi Yahia pour lui faciliter le passage ", raconta notre interlocuteur et poursuivant dans son récit : " Depuis qu’une vieille femme, il y a quelques années, était décédée en tombant du haut de ce rocher, nous conseillons les personnes âgées et les invalides à s’astreindre de monter vers ces grottes surtout en temps de pluie ou de verglas ". Les visiteurs qui s’y rendent n’ont pas tous un objectif commun. Certains, vieux en particulier vont chercher un remède pour une maladie à l’image de Dda Mohand qui dit avoir été conseillé par une personne habituée des lieux sur les bienfaits que procurent ces eaux bouillantes pour calmer les rhumatismes. " Après avoir suivi plusieurs traitements pour mes rhumatismes articulaires, on m’a conseillé d’aller tenter un remède au niveau de cette station millénaire ", nous fait il savoir.

D’autres choisissent l’endroit pour oublier un temps soit peu le stress quotidien. " L’endroit m’attire beaucoup de par cette multitude de paysages variés sur fond de pitons, de collines au relief souvent boisé et escarpé, de petites vallées et de massifs forestiers", fera remarquer, un homme accompagné de sa femme et ses enfants. D’autres viennent en groupe. Ce sont généralement des femmes de la région qui viennent pour une journée ou quelques jours, pratique ancestrale encore en vigueur. " Nous sommes habituées à venir passer quelques jours dans cet endroit. En plus de la détente et des soins que nous recherchons, on rencontre d’autres femmes des autres douars avec qui nous nouons connaissances qui nous servaient parfois à marier un fils ou une fille ", avoua Na Hadja. Dans la région de Tizi Ouzou, les pèlerins, en été, viennent par centaines pour passer des vacances dans cette station. Ils ramenent des vivres et des tentes qu’ils installent dans le lit de la rivière.

La région d’Ath Aidel est riche en patrimoines religieux et touristiques qui attirent, chaque année, un nombre impressionnant de pèlerins qui trouvent en elle, à la fois une riche et riante terre d’accueil avec ses villages proprets où prospèrent d’anciennes maisons avec des lotissement pavillonnaires au milieu des oliveraies qui séduisent les visiteurs à coup sur. " Venez plus nombreux cette année ! ".

L. Beddar

Dépêche de Kabylie

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