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Le hammam, un dérivé des thermes grecs et romains

jeudi 21 avril 2005, par L. Beddar

Le hammam est un dérivé des thermes grecs et romains. C’est avec l’avènement de l’islam qu’il a pris une importance dépassant le simple acte hygiénique, pour le rendre plus proche des individus qui en ressentent un besoin vital à se délasser et à se toiletter tout le corps.

Nous sommes en pleine période de végétation de l’année, période très prisée par les bergers qui ne trouvent aucun mal à rentrer les bêtes à la maison les ventres pleins. Mohamed, assis sur une pierre tout prés de la route, ses bêtes broutent la végétation broussailleuse à plantes épineuses d’un maquis formé sur le dernier contrefort de la montagne. Un œil sur la route, comptait le nombre de véhicules qui passaient par là et attendant qu’un automobiliste s’arrête pour lui demander des renseignements sur le chemin à prendre pour rejoindre le lieu du pèlerinage, et un autre œil sur son troupeau. De temps à autre, il lance une pierre avec sa houlette sur une bête qui se détache pour aller brouter les bourgeons précoces des arbres. "Je remplis deux fonctions bien distinctes. Je suis berger et parfois guide des visiteurs qui s’arrêtent pour me demander la route qui mène à la station thermale. De temps en temps quelqu’un me glisse une pièce", raconte-t-il en tenant dans sa main un bâton qu’il enfonce et retire de la terre encore humide. Aussi, surprenant que cela puisse paraître, il n’a pas connu le chemin de l’école, mais à force de côtoyer des personnes parlant différentes langues, il a appris quelques mots en arabe et en français qui lui permettent de comprendre ce que lui disent les autres et parfois de répondre très maladroitement. "Vous savez depuis Akbou aucun panneau de signalisation n’est installé pour orienter les visiteurs", regrette-t-il.

En effet, un peu plus loin une deuxième bifurcation ne comportant aucun panneau de signalisation prête à équivoque sur la bonne direction à prendre pour les visiteurs qui ne connaissent pas l’endroit. "Il est difficile pour quelqu’un qui se rend pour la première fois de déterminer la bonne direction pour rejoindre ce lieu séculaire de pèlerinage qui a vu défiler des générations", dira Ahcène, un vieux, fatigué par le poids de l’âge, traînant les pieds et une canne à la main s’appuyant avec en longeant la route d’un pas lent et mesuré, tout fier lui aussi de guider les visiteurs et dés fois les accompagner jusqu’à l’endroit quand ils le lui demandent. "Je tue mon temps sur cette route par nostalgie, j’ai vécu dans plusieurs pays étrangers donc je suis habitué à vivre avec des personnes étrangères, même à la région fussent elles", poursuit il.

En bifurquant à droite, la route qui descend jusqu’au hammam serpente en pente raide jusqu’à la rive de l’oued pour céder à un chemin très étroit, taillé à même les rochers sur une longueur de 50 m pour aller s’échouer sur un parking qui ne peut contenir plus de 10 véhicules. De ce parking, un chemin plus étroit mène vers la station thermale, laquelle aussi est collée sur le flanc de la falaise de la montagne et languit au soleil de printemps, nonchalante et superbe. Un paradis sur terre, tel est le qualificatif que lui donne ses adeptes !
La station thermale ressemble à un gîte rural d’un concept unique dans la région où chaleur, convivialité et authenticité de l’accueil se conjuguent en harmonie avec la liberté et le confort de ses maisonnettes traditionnelles exigues, pleines de charme et ayant traversé des siècles. Elle offre la richesse et la diversité de son patrimoine très prisé pour des loisirs actifs et de délassement et est située dans une cuvette, enserrée entre les rochers et l’oued Boussellam à quelques centaines de mètres de là de l’oued soummam. En face, un panorama qu’on ne voit que dans les films western du Far West.

La première infrastructure très ancienne qui se dresse sur le chemin est le hammam. Constitué d’une minuscule pièce construite en dur qui ne peut contenir plus de 10 personnes et située en contrebas de ce chemin, sur la rive de l’oued. La piste qui descend est balisée par un garde fou de sécurité. A l’intérieur elle est dotée de banquettes collées aux murs servant pour les baigneurs. Idéalement, cette pièce est chauffée naturellement d’une eau qui jaillit des rocs toute bouillante et se déverse dans un bassin en béton permettant aux baigneurs de tremper leur corps.

Certains se permettaient de rester longtemps à l’intérieur du bassin en raison de la température chaude de l’eau acceptable pour le corps. Cette chaleur provoque une transpiration intense, donc une dilatation des pores de la peau, ce qui permet de dégager toutes les impuretés du corps. A l’intérieur 4 personnes prenaient leur bain, 3 étaient à l’intérieur du bassin très exigu et la quatrième se détendait sur une dalle en béton faïencé.

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