Ilmayen, petite kabylie

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Sidi Yahia le mystique

Sidi Yahia menait une vie d’ascèse et de méditation

mercredi 2 juin 2004

Le hammam a été fondé par Sidi Yahia, un mystique, dont il porte d’ailleurs le nom, au IXe siècle de notre ère. Le cheikh, aujourd’hui vénéré et sanctifié, a vu le jour à Takorabt, un petit village des Ath Abbès, tout près d’Ighil Ali. À sa mort, il a été enterré à Tamokra où on lui a érigé une qobba. Il a passé au hammam quatorze ans d’ermitage, au fond d’une grotte qui existe toujours et qu’on appelle El-Kheloua n’Sidi Yahia. Pour y accéder, il faut suivre un sentier escarpé et finir par faire de l’escalade. La grotte est fraîche et ses parois sont noircies par la fumée des bougies qu’on y brûle. Elle se prolonge en étroit boyau pour aboutir dans un petit espace. Un homme y fait la sieste sur un tapis d’alfa. De là, elle part dans deux directions opposées, mais les passages sont tellement étroits que seuls les plus téméraires s’y aventurent. C’est ici donc que Sidi Yahia menait une vie d’ascèse et de méditation. Il descendait chaque matin à la rivière faire ses ablutions avec de l’eau froide. La légende raconte que Dieu l’ayant pris en pitié lui donna cette source d’eau chaude pour son confort. Au bout de sept ans d’une vie de troglodyte, il rencontra un beau matin un berger qui lui demanda si ses jours étaient finis. Le saint homme lui répondit qu’il allait solliciter auprès de Dieu sept autres années. Il revint au village et trouva sa mère malade qui ne le reconnut pas. En outre, il y eut au village une touiza et la pauvre vieille, oubliée des uns et des autres, n’eut pas droit à sa part de viande. Sidi Yahia alla se plaindre à tajmaâth et depuis lors à ce jour, à chaque touiza, il y a invariablement, à chaque partage d’un bœuf offert par un généreux donateur, les neuf parts des neufs grandes factions familiales et une dixième part pour la mère de Sidi yahia. Le hammam, aujourd’hui, appartient à moitié à ses descendants qui habitent le village de Tamokra et qui le gèrent selon une vieille méthode ancestrale. Chaque année, la commission qui gère la zaouïa se réunit et désigne un représentant de chaque famille des neuf taârift (plusieurs familles de la même descendance) pour s’occuper du hammam, du foyer et du parc hôtelier de 32 chambres qui composent l’ensemble. Ils choisissent de préférence des gens de très modeste condition, car ils auront droit au bout d’une année de travail au partage des revenus, générés essentiellement par la vente des produits que propose le foyer et les dons des visiteurs. Ceux-ci, il faut le souligner, ne paient rien en dehors de leurs consommations. Le bain et les modestes chambres qu’on met à leur disposition sont entièrement gratuits quelle que soit la durée de leur séjour.

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