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Yennayer : une fête nationale !

samedi 1er mai 2004

La fête de Yennayer est le 1er janvier de l’année Julienne correspondant au 12 janvier du calendrier grégorien. Elle dure trois jours chez les Béni Snous de Maghnia. Le premier jour s’appelle Nefkat El Ham, le deuxième Nefkat El Karmous et le troisième Ras El Am.

LE premier jour, les femmes et les enfants vont à la forêt pour y cueillir des plantes vertes conformément au rite propitiatoire. Ces plantes sont au nombre de sept. Il s’agit du romarin (amezir), des asphodèles (Aberwaq), de la férule (Oufal), du fenouil (Abesbas), des scilles (Lebselgouchen), du caroubier (Akharoub) et du lentisque (amadagh). Les femmes jettent sur les terrasses ces plantes porte-bonheur et les laissent sécher. Elles se gardent d’y associer les plantes amères comme le chêne vert (Akerouch), le thapsia (Aderyis) ou le tuya (Laâraâr). Les enfants rapportent aussi de la montagne du diss (Adless) en touffes, de l’argile rouge et des pierres assez grosses pour supporter la marmite. Les femmes démolissent l’ancien foyer (El Kanoun) et reconstruisent un neuf avec les nouveaux moellons et l’argile rouge. On y allume le feu d’Imensi n’Yennayer (le dîner du réveillon).

Les hommes se réunissent tôt le matin du premier jour sur l’Agora (Ameraourou ou Tajmaât) pour organiser une battue. On en rapporte des lièvres et des perdrix que l’on partage par têtes d’habitants. On égorge un mouton ou un bouc si le gibier n’est pas suffisant pour pourvoir à toutes les familles. On mange aussi des poules et des dindons, cela durant le premier jour.

Au dîner du second jour, on prépare uniquement un berkoukès (gros couscous). Après le repas, on place quelques grains sur les pierres de l’âtre, à côté des poutres qui soutiennent le toit. On ne lave pas les plats qui ont servi à la préparation et à la consommation du dîner de Yennayer. A l’occasion, on prépare aussi des crèpes et des beignets. On confectionne en offrande des colliers de figues et de raisains secs, des pains farcis d’œufs, ainsi que des corbeilles de grenades, de noix et de noisettes.

Au dernier jour, les enfants jouent au lion. Deux hommes placés l’un devant l’autre, la face tournée vers le sol se saisissent. Les jeunes les recouvrent d’un drap qu’ils fixent avec des tresses d’Alfa. L’individu placé devant se met à rugir dans un mortier qu’il a à la main. La marmaille emmène le lion dans les maisons pour effrayer les petits enfants. Ils disent aux habitants "donnez au lion pour son dîner" on leur offre alors des figues, des beignets et des crêpes. Le lion danse au son du tambourin le long du chemin. Les jeunes pique-niquent à proximité de la rivière pour se partager le butin.

R. O.

Source Dépêche de kabylie

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