Ilmayen, petite kabylie

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Le colonel Amirouche, la vieille dame et la jurisprudence

mercredi 12 juin 2013

Le système judiciaire algérien se développe jour après jour, que ce soit sur le plan des ressources humaines ou celui des infrastructures ou aussi en ce qui concerne les textes réglementaires et leur évolution. Après un demi-siècle d’existence, il faut reconnaître quand même que l’Algérie a réussi à se mettre au diapason des autres pays en matière judiciaire. Le système judiciaire algérien se caractérise par le double degré de juridiction (tribunaux - cours) avec au sommet de la pyramide la Cour suprême à laquelle la Constitution confère le rôle d’organe régulateur de l’activité des cours et tribunaux de l’ordre judiciaire. Elle assure l’unification de la jurisprudence à travers le pays et veille au respect de la loi et de l’équité entre les citoyens. La justice est le garant de la protection des biens et des moyens de toutes personnes vivant ou séjournant sur le territoire algérien. L’efficacité du système judiciaire de n’importe quel pays est le garant intrinsèque de la consécration même de l’Etat de droit et du coup, tout le secteur y est tributaire. Toutefois, il y a lieu de signaler que le système juridique algérien n’a pas commencé avec l’Indépendance de notre pays, bien entendu. Durant la Révolution et au moment où le peuple algérien avait boycotté la justice coloniale, les moudjahidine assumaient bien le rôle du pouvoir juridique. Les historiens ont immortalisé bien des anecdotes qui prouvent que la justice était bel et bien rendue en pleine Guerre de Libération nationale. Dans la contrée d’Ilmayen au nord de Bordj Bou-Arréridj Mohamed-Tahar Bouzeghoub rapporte une de ces séances où la justice était rendue en pleine Révolution algérienne. Une vieille femme avait hypotéqué un terrain selon le droit coutumier des Algériens à l’époque. Occupée par d’autres soucis ou n’ayant pas besoin de ses terres, elle ne réclama la restitution de ses champs que six ans après l’expiration du délai prévu par la jurisprudence populaire. L’exploitant a mis à profit ce retard pour revendiquer la propriété de cette parcelle de terrain. La vieille propriétaire, ayant appris que le colonel Amirouche était de passage dans le village, est allée le voir pour demander justice. Après coup, le colonel lui fait remarquer qu’elle avait largement dépassé la période prévue dans le contrat d’hypothèque. La vieille femme rétorqua alors à ce valeureux moudjahid et non moins héros national en lui indiquant textuellement : « Vous demandez à la France de vous rendre le pays après cent trente ans d’occupation et vous trouvez anormal que je réclame mon bien après six ans ». Mi-ébranlée mi-accusée, l’assistance éclate de rire avant que le colonel Amirouche ne demande à ses subalternes de faire en sorte que cette vieille femme recouvre ses droits. Enfin, de quoi je me mêle ? Khelli l’bir beghtah.

Par R Khazini

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