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Boutouab, un village fantôme

mercredi 28 mars 2012

Boutouab est parmi les villages les plus démunis de la wilaya de Bejaïa. Il est perché sur une colline distante de 8 km du chef-lieu de la commune de Tamokra. Les quelques âmes qui y vivent luttent quotidiennement pour un cadre de vie décent.

Dans ce village, les problèmes se conjuguent à tous les temps. En effet, plusieurs foyers, dans ce no man’s land des temps modernes, sont à ce jour sans eau potable et les habitants continuent de s’alimenter à partir de la fontaine du village. « Heureusement qu’il y a la fontaine Thala Thassifeth, autrement on aurait du mal à pouvoir gérer ce problème. L’APC a procédé à la pose de la conduite AEP, cependant c’est à chacun de nous d’alimenter son domicile en eau », relate un villageois. Aussi, les villageois de Boutouab sont fortement pénalisés par de fréquentes coupures d’électricité, un manque flagrant en moyens de transport en commun et une couverture sanitaire insuffisante. Plus grave encore, il ne passe pratiquement pas un hiver sans laisser des séquelles chez les villageois. « On a constamment peur de l’arrivée de l’hiver car il nous laisse traumatisés pendant des semaines. On n’a plus les moyens pour y faire face », s’indigne un jeune habitant qui présage saisir la moindre occasion pour quitter le village. Quant aux pistes agricoles, le constat est pareillement douloureux. En effet, le village demeure le seul à ne pas avoir de route, avons-nous constaté. « Nous avons à maintes reprises sollicité le maire afin de nous ouvrir des pistes agricoles, sachant que notre région est à vocation agro-pastorale », nous explique un villageois, ajoutant qu’il n’y a plus d’accès aux domaines pour récolter les fruits de leurs labours tout au long de l’année. « Dans ce cas, on fait appel à la tradition en exploitant encore des montures pour nos commissions », précise-t-il. En rejoignant ledit village à partir du chef-lieu de la commune, tout visiteur en aura un aperçu déplorable. D’ailleurs, il faut emprunter la seule piste demeurant impraticable afin d’y accéder. Par conséquent, la colline est presque oubliée, figée entre des reliefs qui ne donnent plus d’échos. L’exode rural a laissé ses traces. D’ailleurs, plusieurs habitants ont dû quitter leur village pour fuir la difficulté d’y vivre. Un village fantôme, déserté, et où les commodités de vie sont terriblement absentes.

Menad Chalal

La Dépeche de Kabylie

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