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Des villages isolés résistent grâce à la solidarité

samedi 11 février 2012

Durant cinq jours, la wilaya de Bordj Bou-Arréridj a connu une vague de froid et des chutes de neige, coupant des routes, isolant des villages et privant de courant plusieurs bourgs. Plus de 70 localités dans les régions de Djaâfra, Bordj Ghedir, Medjana et Mansourah sont restées isolées. La daïra de Djaâfra, située à 45 kilomètres au nord de la wilaya, classée domaine forestier de l’État, est l’une des premières à être touchée par la dégradation des conditions atmosphériques. Étendus sur une surface de 283,98 km2, sa population s’élève à 22 591 habitants. Son territoire se compose de quatre communes : Djaâfra, El-Main, Teffreg et Colla, et de 48 villages. La neige y a atteint dans certains endroits 1,5 m. Aussi, l’arrivée de ce tapis blanc a lieu dans une atmosphère d’austérité qui cadre merveilleusement avec la rigueur de la nature. Les axes routiers qui traversent et desservent la région (RN106, CW43 et CW44) ont été coupés, ce qui a provoqué l’isolement de presque tous les villages.

D’habitude, les villageois attendent la fonte des neiges mais, cette année, malgré un peu de retard, des moyens humains et matériels ont été engagés, ce qui a permis le déneigement rapide des routes et le désenclavement des villages.

Pour les nombreux villages qui n’ont pas encore été raccordés au gaz naturel, ils ont été obligés de revenir aux vieilles méthodes pour se réchauffer, surtout dans ces zones montagneuses, où la bonbonne de gaz est un luxe et couper du bois un délit. “Pour se chauffer, nous nous sommes échangés du bois entre voisins”, dira un habitant du village Colla.

Au quatrième jour, c’est le marasme général, dans tous les autres villages, les denrées alimentaires commencent à manquer, le combustible (mazout-gaz butane) aussi, parce que très utilisé pour se chauffer et cuisiner. Plusieurs familles seraient mortes de faim, n’était la solidarité de la population. Dans la daïra de Mansourah, située à l’ouest de Bordj Bou-Arréridj, à une attitude de 1 070 mètres, plusieurs villages ont été isolés pendant plusieurs jours, surtout dans les communes de Bendaoud et Harraza, limitrophes avec M’sila et Bouira. La pauvreté de ses habitants, leur éloignement et l’absence de grands axes routiers ont fait d’elles des poches de misère. Là aussi, avec les moyens existants et la neige qui s’amoncelle, impossible de déblayer la route.

Le courant électrique, qui a été rétabli, est de nouveau coupé. Ajouter à cela la rareté du gaz butane car la fermeture de la route complique l’acheminement de ce dernier. “Dès qu’un camion ou une Jeep pointe son nez, toute la population, vêtue de kachabia, accourt, espérant une quelconque aide. Couvertures, vivres, médicaments, produits de première nécessité…”, dira Brahim, un habitant du village Harraza. Les villageois de ces communes ont constaté des carences des services municipaux. Ainsi et d’après plusieurs témoignages, ces services censés redoubler d’efforts en cette période de crise, se cloîtrent carrément dans leurs bureaux, bien au chaud, laissant ainsi les populations livrées à leur triste sort. “Le P/APC a même fermé son téléphone portable”, dira un habitant de la commune de Bendaoud. Pour preuve du laisser-aller des élus locaux de la région, les équipes de déblayage, appartenant à la cette localité, ont carrément attendu plusieurs jours et surtout que les averses s’estompent pour commencer les opérations de déneigement. Il a fallu l’intervention de l’ANP pour dégager les routes et désenclaver les villages Kassabia, Aggar et Samma.

Chabane Bouarissa

Liberté

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