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Les étourneaux tardent à arriver

mardi 22 novembre 2011

Si les grives sont déjà là et on les voit partout notamment dans les oliveraies car elles se nourrissent d’olives, les étourneaux se font encore désirer et beaucoup de chasseurs de ces passereaux s’interrogent sur le pourquoi d’un tel retard. « Sont-ils au courant de la faible production d’olives de cette année pour renoncer à leur migration habituelle de l’Europe vers l’Afrique du Nord, ou sont-ils déjà arrivés en Algérie et ont choisi d’autres endroits où la production oléicole est importante, boudant ainsi la région d’Ath Aïdel, pour sa production très faible cette année. On ne les voit pas encore ici et leur ambiance systématique nous manque. Jadis à pareille période, ils étaient déjà là formant des animations sur terre en colonisation des parcelles avec leur nombre qui dépasse souvent le millier et dans le ciel formant un grégarisme en se serrant comme une boule lorsqu’ils sont pris en chasse par un épervier, leur bourreau. En tous cas, les grives à elles seules ne suffisent pas pour l’embellissement des champs durant la saison des olives et la campagne oléicole devient même terne sans les étourneaux », a déclaré un agriculteur.

Sur terre ou dans le ciel, les étourneaux donnent un spectacle impressionnant. Formant des nuées de plus de 1 000 individus, ils colonisent le ciel décrivant des sinusoïdes dans les airs. Difficile de détacher le regard de cette forte ambiance dans le ciel quand les étourneaux se rassemblent en boule noire à la vue d’un épervier qui les prend en chasse, et s’éclatent lorsque ce dernier les attaque. Sur terre, la parcelle envahie devient toute noire et les sons assourdissants de leur agréable chant, on les entend de loin. Après une journée de labeur, le soir ils se réfugient dans des buissons de roseaux en raison de leur hauteur pour échapper aux prédateurs terrestres comme le chacal. Les étourneaux sont des omnivores qui se nourrissent d’olives, d’insectes, d’herbe, etc. en haute vallée de la Soummam, les citoyens sont de grands chasseurs de lièvres, de perdrix et de passereaux.

A Ath Aïdel, la chasse aux étourneaux commence dès leur arrivée jusqu’à leur départ. Les chasseurs avec fusil leur tirent dessus quand ils passent à basse altitude dans les airs ou quand ils colonisent une parcelle. D’autres chasseurs leur tendent des pièges à la fin de la campagne de cueillette, c’est-à-dire quand les olives se raréfient sur les branches. Sous chaque grand olivier susceptible d’attirer des passereaux, un piège fait sur la base d’une tige flexible d’oléastre et du fil blanc solide, est tendu. L’oiseau sera pris au cou quand il tentera de voler le grain d’olive posé au centre d’un cercle formé de cinq bûchettes. D’autres encore utilisent les gluaux (lazok). Ils repèrent l’endroit ou ils se posent en groupe grâce à leur fiente. Les chasseurs étalent à la tombée de la nuit les gluaux sur les surfaces susceptibles d’accueillir de grands nombres. Le matin, ils se lèvent tôt pour aller récupérer les oiseaux pris aux pièges. C’est pour toutes ces raisons que les étourneaux ne passent pas inaperçus dans la région d’Ath Aïdel.

L. Beddar

La Dépêche de Kabylie

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