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TRÈS PROCHE DU COLONEL AMIROUCHE

Rachid Adjaoud raconte la bleuite

mardi 12 mai 2009

La « bleuite » a été une réponse à l’opération « Oiseau bleu » de Krim Belkacem qui a réussi en 1955 à enrôler 1500 soldats algériens, avec armes et bagages, dans les rangs de l’ALN.

Les ministères des Moudjahidine et de la Défense nationale détiennent, avec exactitude, le nombre des personnes qui ont été épurées, a déclaré en exclusivité à notre rédaction Rachid Adjaoud membre du « comité d’épuration » qui a auditionné plusieurs personnes dans le cadre de la mise à plat de la « Bleuite », action psychologique de l’armée française, qui secoua dans les années 50 les maquis algériens. « Il fallait à tout prix passer à l’assainissement des rangs de l’ALN... », a expliqué M.Adjaoud, selon lequel, en dehors de ces deux entités, aucune autre institution ni autre témoin ne peut avancer un quelconque chiffre quant aux personnes touchées par cette épuration. En fait, Rachid Adjaoud, l’un des rédacteurs de la Déclaration du Congrès de la Soummam rejoint les partisans de l’ouverture des archives de la Défense nationale. Aussi, le témoignage de ce moudjahid a été émouvant. Les séquelles de la « Bleuite » sont toujours là et, sous certains rapports, la plaie est restée béante. Les plus avertis appellent à l’implication des acteurs principaux de la guerre de Libération aux fins de réécrire objectivement l’histoire de la Révolution algérienne.
La Bleuite, Mellouza et la Nuit rouge de la Soummam sont autant d’affaires à élucider et qui continuent de susciter interrogations et questionnements de la part des historiens. La Kabylie était minée par les pièges de l’armée coloniale. La guerre battait son plein. Les services spéciaux coloniaux redoublaient d’efforts pour « pacifier » (terme employé par l’armée français) toute une région qui a symbolisé la guerre de Libération. Autant d’écrits tantôt glorifiant tantôt mystifiant ces hommes de la wilaya III historique ont été avancés. Rachid Adjaoud, qui était également un secrétaire très proche du colonel Amirouche et membre du secrétariat du Congrès de la Soummam, apporte de poignants témoignages sur la personne surnommée par l’armée coloniale le « Lion du Djurdjura ». M.Adjaoud remet les pendules à l’heure, remettant en cause les thèses qui ont été avancées sur la personne du colonel Amirouche, cité comme instigateur de sanglantes et « fratricides » épurations dans les rangs de la Wilaya III historique. « Le colonel Amirouche n’a aucune responsabilité avec les affaires de Mellouza ni avec celle de la Nuit rouge de la Soummam et la thèse de Ali Kafi est complètement fausse », affirme aujourd’hui Rachid Adjaoud.

Le lieutenant Rachid Adjaoud tente par ailleurs, dans son témoignage vivant, d’élucider une des plus grandes affaires qui continuent de susciter les interrogations des historiens, la « Bleuite ». Cette machination diabolique était la création de Alain Léger, capitaine du 1er Régiment de parachutistes étrangers, passé maître dans l’art de la manipulation psychologique. En Indochine, le capitaine Léger a été un vrai simulateur des opérations réussies là où ses prédécesseurs ont échoué. Appelé en Algérie pour semer la zizanie dans les rangs de l’ALN, Alain Léger, monte son coup, qui a été éventé par des responsables de la Wilaya III historique et le réseau qu’il a mis en marche à partir d’Alger a été démantelé et la filière remontée. La disparition énigmatique du lieutenant politique Hocine Salhi a intrigué plus d’un parmi les effectifs de l’ALN y compris le colonel Amirouche. Se rendant à Aït Yahia Moussa pour enquête, le colonel Amirouche tombe nez à nez avec Rosa Tadjer recrutée à Alger, et qui était la pièce maîtresse du réseau. Ayant à peine échangé quelques phrases avec cette femme, notamment sur les circonstances de son recrutement, le colonel de la Wilaya III s’est rendu à l’évidence qu’un complot le visait lui et la wilaya qu’il commandait.

Le pot aux roses est ainsi découvert, Rosa Tadjer accablée alors qu’elle faisait part d’une histoire déroutante. Selon Rachid Adjaoud - celui-là même qui procéda à l’arrestation de l‘espionne - Rosa Tadjer, surnommée « Matahari » a affirmé au colonel Amirouche qu’elle s’est évadée de la prison de Barberousse en escaladant ses grandes murailles pour rallier les rangs de l’ALN. Version qui, selon notre interlocuteur, ne peut tenir debout du moment que des hommes de grande valeur croupissent toujours dans la même prison sans pouvoir franchir ses fortifications géantes, ce qui fait douter de la thèse « rocambolesque » soutenue par cette femme. Ce qui, d’ailleurs a mis en éveil les doutes du colonel Amirouche qui a mis en l’échec tous les plans de déstabilisation de l’armée coloniale.
De ce fait, plusieurs questions taraudaient et hantaient les esprits quant à la décision finale d’ assainir les rangs. Un « comité d’épuration » est ainsi mis sur place, conduit par Rachid Adjaoud et Hacène Mahiouz assistés de Hmimi Oufadel et Mohand Oulhadj.

« Mohand Oulhadj a été très peiné par l’affaire de la "Bleuite" mais il fallait à tout prix épurer les rangs de l’ALN », justifie aujourd’hui Rachid Adjaoud. En fait, est-il indiqué, la « Bleuite » a été une réponse coloniale à l’opération « Oiseau bleu » de Krim Belkacem qui a pu mobiliser 1500 soldats algériens de l’armée coloniale en les enrôlant avec armes et bagages, dans les rangs de l’ALN en 1955.

L’opération « Bleuite » menée par les services de l’action psychologique de l’armée française et les services secrets français avait pour objectif de disloquer l’ALN et le FLN. Rachid Adjaoud insiste sur le fait que le colonel Amirouche n’était d’aucune manière impliqué dans les affaires qui ont marqué la Wilaya III. Concernant l’affaire de l’attaque du village de Mellouza, selon l’ancien lieutenant politique de l’ALN, la Wilaya III était alors sous la direction de Mohamedi Saïd, Amirouche étant adjoint du commandant de la Wilaya III.

Cette affaire, toujours sujette à controverses entre historiens, nécessite l’ouverture des archives pour en connaître le mot de la fin. Pour ce qui est de ce que l’on a désigné à l’époque sous le nom de « Nuit rouge » de la Soummam, cet épisode se résume, selon Rachid Adjaoud, à une affaire de moeurs, notre interlocuteur refusant d’aller plus avant, expliquant que son témoignage ne peut servir à grand-chose du fait qu’il n’était pas témoin oculaire de ces faits.

Aït Ouakli OUAHIB

8 Messages

  • Rachid Adjaoud raconte la bleuite Le 15 mai 2009 à 14:15 , par un féru de l’histoire

    salut à vous mr adjaoud , vous dites que la " la bleuite" était une machination pour disloquer le wilaya III ; mais ne croyez vous pas que les liquidations phyiques d’autehentiques maquisards , avaient fait justement le jeu des services spéciaux léger et godard et vidant la wilaya de sa sève intellectuelle ? tous les ouvrages écrit par des maquisarsd racontent l’horreur l’ambiance de mort qui régner dans la wilaya et au PC d’akfadou. sinon pourquoi avoir donner le statut de chahids à des " maquisard liquidés" par leurs frères de combat ? Mr adjaoud ayez une pensée à ses valeureux combattants et à leurs descendants, ceci n’entacherait en le mérite de la révolution de novembre et des ses artisans. une reconnaissance posthume ne ferait que rehausser l’image de la révolution.

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    • Rachid Adjaoud raconte la bleuite Le 9 juin 2009 à 18:40

      A voir la réaction quelque peue métigée des intrenautes, l’on conclut que l’affaire de la bleuité est toujours un tabou en kabylie , parceque les descendants des vicitimes se sentent toujours coupables, alors que l’histoire à tranché la dessus, en attestantq ue le colonel amirouche était victime de l’intox du capitainn léger et colonel godard du deuxième bureau, et abderrahmane mira avait mis fin aux tortures et exactions sitôt regagner le PC de wilaya aprés la mort d’amirouche. combien de valeureux combattants aveient payés de leurs vies lors de cette malheureuse opération.

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    • Rachid Adjaoud raconte la bleuite Le 31 août 2010 à 16:53 , par amarhistoire@gmail.com

      Bonjour à tous

      Certe Amirouche a été un nationaliste et un maquisard hors pair selon les perssonnes qui l’ont connu.Il faut reconnaitre aussi que cet homme a fait des erreurs monumentales durant la revolution .En particuler le masacre des valeureux moudjidines et intelectuelles de l’ALN dans la wilayas III .Sa responsabilité est entière.Laissez un camandant comme Mahiouz Hacéne juger de valeureux maquisard tantôt par jalousie tantôt par ignorance pour anéantir les rangs de la kabylie ne peut être pardonner .Aujourd’hui avec le temps certains essayent de justifier cela par les circonstances de l’époque mais lorsque vous ête à la tête d’une d’une arnée révolutionnaire et prétendre à etre le pére de l’organisation de l’ALN ,on a pas le droit à des erreurs de ce type.Le kalif Omar a dit ,je suis responsable même d’un baudet s’il se fait trébucher à Baghdad.

      Oui Amirouche est responsable de ce qui s’est passé.La torture a été le point noire de la revolution que nous voulons Occulté aujourd’hui.

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      • Rachid Adjaoud raconte la bleuite Le 21 février 2012 à 12:04 , par Aït Mohand Arezki

        Bonjour à tous,
        Je découvre bien tard ce forum très intéressant ; je dirai même capital par son apport sur une tragédie qui a touché ce que les militaires français appelaient la Petite Kabylie. S’agissant des massacres appelée la bleuite, on peut admettre qu’Amirouche ne soit pas directement impliqué. Chacun connaît sa bravoure, mais aussi sa dureté. Mais ce qui le distingue, c’est la façon dont il procédait : A chaque fois qu’il y avait une affaire grave qui pouvait porter atteinte à la révolution algérienne, il prenait le soin de convoquer les acteurs de l’affaire. Je pense davantage à Mohammedi Saïd qui avait commandité ces massacres tout comme ceux de Mélouza. Etait-il au courant ? Tout le problème est là : il était probablement au courant, mais il n’avait rien fait pour arrêter le massacre ;que qu’avait fait - bien tard hélas ! le commandant Mira. Il y a des gens qui s’étaient acharnés sur ce qu’ils appellent les Petits Kabyles car ils partaient du principe qu’eux étaient "très grands". Il y a des complicités à chaque fois qu’il y avait des massacres en "Petite Kabylie". Et comme par hasard, ces massacres ne s’étaient passés qu’en "Petite Kabylie" !! Il y a quand même de quoi s’interroger sur cette hargne de ceux qui se croyaient "plus grands". Leur sauvagerie et leur comportement en "Petite Kabylie" relève d’une infamie. Il est triste que certains hommes politiques (Kabyles !!!) adoptent encore aujourd’hui une attitude pour le moins condamnable à l’égard de ceux qu’ils continuent d’appeler avec ironie et moquerie "Les Petits Kabyles". Ils oublient qu’Amirouche lui-même est originaire de "Petite Kabylie" ainsi que bon nombre de villages du Djurdjura Oumalou. Ce qu’il faut retenir de ces deux tragédies "La bleuite" et Melouza : nous subissons encore aujourd’hui leurs répercussions ! Quant aux survivants de ces massacres, on doit leur demander pardon, si ils veulent bien pardonner car pour ma part, j’estime qu’ils ont le droit aujourd’hui de demander des comptes afin que justice leur soit rendue. Mais, ces tragédies ont montré l’efficacité de la devise colonialiste "Diviser pour régner". J’ai lu le livre de Saïd Sadi sur Amirouche et j’ai compris pourquoi l’Algérie est encore sous la dictature et pourquoi ce monsieur et bien d’autres se considèrent comme supérieurs : ils sont irresponsables et continuent l’oeuvre de division de la France coloniale !! C’est ce qui fait que la Kabylie vit aujourd’hui dans une situation catastrophique. Abane Ramdane fut assassiné à cause de la complicité de Krim Belkacem, qui fut assassiné à son tour, car il a abandonné son frère aux mains de Boussouf et compagnie ! Et si monsieur Sadi n’a pas encore compris la leçon c’est que la Kabylie ne s’en sortira jamais !! Jamais.

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  • Rachid Adjaoud raconte la bleuite Le 16 mars 2012 à 03:05 , par aghriv

    bonjour tout le monde
    pendant un temps de guerre il est tres difficile d analyse des situations aussi complexes et compliquees ;il faut se mettre a la place du colonel et dans la meme situation ;pression psychologique par apport a la responsabilite qu il occupe et son age qui est tres jeune faut le dire sans oublier qu il faut agir vite je n essai pas de lui trouve des excuse mais j essai de comprendre le cotexte.
    mais je voudrai dire quelque chose a monsieur adjaoud qui est de sdouk etque je connais mais pas lui pourquoi vous dites pas ce que c est vraiment passe au congres de la soummam pourremettre les pendules a l heur ? amirouche a donner sa vie pour nous comment on peu lui faire son proce l a fait ce qu il juger bon pour son pays et il a ete jusqu au bout de ses convictions ;mais toi tu ete au cote d aban amirouche krim ben mhidiet aujourd hui tu es du cote de leur assassins ;tu as oublie le serment d ifri ;si cetait toi qui est mort a ce que eux auraient arrete le combat ;auraient ils oublie le serment .
    c est le proce des gens comme mr adjaoud qu il faut faire .
    et j’ en profite pour repondre amon frere que derriere la mort d un kabyle il ya toujours un kabyle fatalité ou malediction ??????????

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  • Rachid Adjaoud raconte la bleuite Le 21 juillet 2012 à 03:05 , par salay

    Pourquoi les intervenants ne mesurent pas l’importance de lchec de l’opration "l’oiseau bleu" organise par le SDEC en wilaya 3 ? Sa dbcle consomme avec le retournement par l’ALN des 1500 hommes d’un contre-maquis foment par les services franais l’anne 55/56 a pouss le pouvoir colonial se livrer trois jours de massacre intense en Kabylie maritime en faisant intervenir tous les corps d’arme, la marine y comprise. Les services du SDEC sont venus prendre leur revanche en commenant avec le tratre Guendriche, remplaant de Ramel sur instigation des Godard et Lger.
    A lire les procs faits la W3 et surtout ses chefs, on est contraint de croire qu’ils sont les seuls avoir bataill pour l’indpendance de ce pays. On nous parle de Mellouza mais jamais des mouchaouchines de la w1 avec la trahison de Adjoul Adjoul. On nous parle de la nuit rouge de la Soummam, mais jamais de centaines de moudjahid de l’ALN de la w3 et 4 massacrs en chemin vers les frontires comme l’a si bien crit l’auteur de "Heureux les martyrs qui n’ont rien vu", un lieutenant de l’ALN qui a vu sa katiba dcime par ses "frres" de combat lors de son priple vers les frontires ouest pour ramener des armes etc, etc, etc... A force de tenter d’attenter leur mmoire, on mesure votre petitesse, vos haines irrversibles mais surtout leur grandeur !

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  • Rachid Adjaoud raconte la bleuite Le 23 octobre 2012 à 10:10 , par sonia

    rachid adjaout fut le plus sanguinaire avec hassan la torture des torsionnaire.
    combien d innocents a til supplici a mort
    ses victimes doivent mnt l empecher de dormir et reviennent toutes les nuits torturer sa conscience.

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  • Rachid Adjaoud raconte la bleuite Le 16 décembre 2013 à 00:02 , par bouaich

    Bonjour,

    d’abord gloire a tous les moudjahidin et rahma a tous les martyre, je suis neveu d’un chahid BOUAICH ABDELKADER connu sur le nom de ABDELKADER AKABIOU, d’après le livre du marhoum AIT-MEHDI MOHAMED AMOKRANE mon oncle avait le grade de sous lieutenant , ce dernier a était tué par des membre de moudjahidin suite a sa participation au congrée des officiers libres,
    ce qui me pousse a écrire c’est que cette homme qui a donné sa vie pour la révolution algérienne na reçu aucune reconnaissance historique par les modjahidine , je veux pas dire matériel mais mémorial, pouvant nous oublier aussi facilement les effort et la patriotisme de cette homme tué pour un conflit,t qui est actuellement fait partie du passé ? je vous pris monsieur de faire le nécessaire pour rendre l’hommage et l’honneur a cette Homme (ABDELKADER BOUAICH), l’histoire ne changera pas , et les victimes des complot interne (officiers libre) ne reviennent pas.
    pour finir ,merci de nous permettre de vivre l’indépendance malgré sa a coûté des vies a certain.
    vive l’Algérie libre et indépendante.

    Bouaich Badr-Eddine

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