Ilmayen, petite kabylie

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Ouizrane

Chroniques montagnardes

mercredi 11 février 2009, par djafar ath salah

Le village de Ouizrane est situé sur une colline , à 600 métres d’altitude
, ceinturé par deux rivières. Ces relevés géographiques suffisent à
affirmer le caractère " guerrier" des premiers occupants des lieux. les
vieux s’accordent à dire que le mot "Ouizrane" signfie tout simplement "
qui sait ?", un questionnement qui renvoie un peu à l’éloignement du
village, par rapport à qui et quoi la mémoire locale n’en garde aucune
trace. Il est vrai que la dénomination du village diffère des noms des
villages limitrophes trés répandus en kabylie ( Guenzet, Taourirth, Tizi
et autres). la mémoire locale ancestrale , retient qu’à l’origine la
fondation du village est l’oeuvre de deux personnages venus dit-on des Ath
Sidi Vraham à MANSOURA (BBA), en l’occurence, Oudhnan et Oulaâdjaissi.

Ces
derniers, s’installèrent au lieu dit " Ighil hamou" en bas de
l’emplacement actuel du village. la maladie du thyphus qui décima la
petite bourgade, en témoigne, le cimetière " Oudhnan" et les ossements
humains découvert lors des travaux pour la réalisation du stade, obligea
les survivants à s’installer au lieu actuel.

L’histoire locale veut que "
thakaât" , lieu de délibération par excellence de la thajmaâth du village,
soit le premier noyau de ce qui deviendra " Ouizrane". d’ailleurs, la
tradition veut que la mariée doit visiter la maison située prés de Takaâth
et faire le tour d’une poutre centrale au milieu de la grande maison , qui
serait un grand arbre taillé et transformé en poutre " ajgou alamass".

Ce
rite vaut une bénédiction pour les futurs mariés, parceque dit-on, elle
fut celle de notre ancètre Oudhnan. mais hormis ce rite et le cimetière
portant son nom, point de prénom famillial de cet aieul lointain. au
registre, des traditions également, l’on note, une autre pratique qui
consiste pour les femmes stériles et en quête de mariage à accrocher un
bout de tissu sur l’oilivier sauvage se trouvant dans la maison de " Bouhou
Ouvelaid" prés d’el vardj. Mais pour la fondation du village, l’on peut
remonter au moins jusqu’au 15 éme siècle, au même titre que la Kalâ des
Beni Abbés par le sultant Abdelaziz après l’occupation espagnole de
Bougie.

Autre hypothèse, l’on pourrait également avancer que les occupants du
village aient choisi le site après la chute de la kalaâ des Beni Hammad
après l’invasion des tribus des Benou Hillal. la mémoire locale raconte
aussi que la famille Touati serait la permière occupante du village,
établit une première fois au lieu dit " ighil ikharvane" qui signifie en
français " la colline des ruines" du côté de Thala Nath Saâda, avant de
remonter un peu plus haut. ce qui est sûr c’est que la bébérité du village
, est claire comme de l’eau de roche, à cause de la toponymie qui regorge
de noms du terroir et d’amazighité. un détail qui renseigne sur
l’origine Amazigh des premiers ancètres du village et qui remet en cause
aussi l’hypothèse de la Kalâ des Beni Hammad parceque des citadins
n’auraient pas donner des noms de lieux pareils. le village de part sa
puissance, fut selon les bribes de la mémoire locale, le théatre de
conflits, parfois sanglants. au temps où l’éxil était de mise comme loi du
droit coutumier bébère, des familles furent exilées dans d’autres villages.

La dernière qui avait fait les frais de cette mesure, est la famille "
Athvouthnarth- boutenart", chassé après un guet apens, organisé par
l’ensemble du village , pour mettre un terme aux exactions de cette
famille puissante. Les villageois s’étaient entendus d’agir lors d’un
sacrifice de boeufs " thimachrat" , à "Tizi Gadhou", placette située à
l’entrée sud du village. Munis de fusils, de gourdins, de pioches et
d’autres objets hétéroclites, les villagoeis passèrent à l’acte quand les
membres de cette famille pour s’octroyer de force les meilleurs morceaux
et se servir les premiers comme de coutume. de mémoire des villageois ce
fut un conflit sanglants, les autres membres de la famille " honnie" se
sauvèrent pour s’établir dans d’autres villages où ils cherchèrent secours et
protection.

La narration de cet épisode " malheureux" de l’histoire du
village, est un exemple parmi tant d’autres des conflits exacerbés à
dessin par les différents envahisseurs pour régner sur le pays en
multipliant les clivages tribaux et claniques " diviser pour régner".

Pour
cette première chronique, je me contenterai de celà , en attendant que
d’autres témoignages viennent corroborer, infirmer ou compléter
cette version, chacun selon les témoignages transmis par ses parents et
grands parents.

Djafar Oussalah

Messages

  • grand bravo pour cette chronique qui nous apprend que de la mémoire locale d’un petit village, on peut évoquer l’histoire avec un grand "H".

  • Bonjour à tous les purs wizranis,
    le premier pas, celui d’écrire sur un village oublié par sa propre progénéture, constitue en lui même un évenement et un déclic important.
    je remercie vivement Jaafar, mais je pense qu’il ya quelques informations qu’on doit corriger, comme celle de la première famille qui a occupé le village, je pense qu’une recherche approfondir peut nous renseigner, ceci pour l’histoire.

    • Merci Mourad pure Wizrani,

      Les enfants de Wizrane ont ete obliges de quitter wizrane malgre eux.
      Il y a ceux qui etaient obliges d’y rester, parceque actuellement ce n’est pas permis a tout le monde de vivre dans les grandes villes, un F2 coutera les yeux de la tete.
      L’economie des villages ne depends plus de la recette de l’huile d’olive comme avant.
      A mon avis on peut au moins creer de l’emploi durant la periode d’ete.
      Comme on le sait tout c’est la periode ou toutes les familles se reunissent et celebrent les fetes de Mariages. Voila, le role du village et de l’APC. Il faut creer une cellule au niveau de l’APC qui gere les fetes, en recrutant des Cuisiniers, des garcons de salles, plongeurs,etc... et a chaque fete au village, on met une ecole a la disposition des gens comme sale de fete,et restaurant. la famille responsable de la fete, a vrai dire n’aura aucune responsabilite ni souci a faire, avant la fete d’une semaine ou deux, on donne le nombre des invites a la cellule de l’APC, et cette derniere s’en chargera et donnera une estimation du prix.
      Ceci dit, s’il y aura intoxication alimentaire ou manque d’approvisionnement c’est toujours cette cellule de l’APC qui sera responsable.
      Ce n’est plus le temps qu’une famille hebergera d’autres familles avec toute cette myriade d’enfants ramenes a la fete. Quelques familles en profitent pour passer 2 semaines logees nourries sur le dos de Vav ettmaghra.C’est du sabotage ca.
      Pour les familles qui vient de loin, generalement sont des adultes, ils viennent rester une journee et ils repartent.C’est la meme chose de ce qui se passent dans les grandes villes, lorsque les pauvres gens du bled vient assister a la fete de la famille a Oran, ils arrivent le matin et repartent le soir ou au plus tard le lendemain, N’est ce pas Mahmoud Azikiw(Chef de Bus..lol) ?

      Quant a l’histoire de la premiere famille a Ouizrane ou a guenzet, ce n’est pas important, je peux te citer 3 ou 4 de mes arrieres grands peres et apres ca c’est le point d’interrogation.

    • salut, mourad le but de cette " chronique" justement est de recoller les morceaux de cette mémoire locale orale transmise de bouche à oreille par tout un chacun , moi ce que je vous demande c’est de raconter chacun sa " petite histoire" entendue de la bouche de ses parents. j’ai pris le risque de raconter ce que je crois être une vérité et non pas la vériét absolue, à vous d’en faire de même, parcque on a pas eu d’histoire écrité et c’est dommage, au fait puisse savoir un peu plus sur toi mourad.
      djafar oussalah

    • salut, guenzaoui j’en conclus d’aprés ton intervention que tu as un projet de mariage ( c’est pour rire massi), ceci dit pour tes ancètres à guenzet d’aprés certaines versions , on dit que le emplacment du village était à tissoukiène la colline qui surplombe les villages d’aorir , djedida, zina et ouizrane, et puis les gens sont descnedus un peu plus bas. des vestiges demeurent toujours au lieu indiqué attestant l’existence d’une vie antérieuere. ceci dit pour les familles je n’en sais rien.

  • L’histoire de Ouizrane a ete racontee en plusieures versions.
    Je ne sais pas encore qui sont les premiers a s’y installer.
    On parle des athAdnane et Athsaadha, le nom de Zhidh Oussadha revient souvent sur les langues dans les recits de l’histoire, mais on sait pas encore s’il a existe avant ou apres Athaadnanes.
    J’espere aussi que les jeunes de Ouizrane,Guenzet.et autres villages limitrophes sachent que ce site internet existe, et pourraient y mettre leur savoir sur l’histoire de leur village.

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